Lait de lune ou Moon Milk

LAITS DE LUNE

Les laits chauds aromatisés aux herbes et aux épices sont consommés en soirée pour favoriser le sommeil depuis très longtemps en Ayurveda, médecine traditionnelle originaire d’Inde. Cette pratique est sensée équilibrer les émotions et l’ojas, l’énergie vitale. Les laits de lune ou Moon Milk sont de plus en plus populaires grâce à la magie des réseaux sociaux. Ils sont de joyeux dérivés de cette médecine ancestrale misant sur la phytothérapie afin de créer des boissons favorisant la détente de l’organisme et un sommeil réparateur. Les ingrédients sont choisis en conscience pour leur action calmante, sédative et digestive.

Lait de vache*

Le lait de vache contient naturellement de la mélatonine (une hormone qui contribue au rythme circadien) et du tryptophane (un acide aminé que le cerveau peut convertir en sérotonine), deux substances qui induisent et améliorent le sommeil. À ce jour aucune étude robuste ne supporte le fait que boire du lait chaud avant le dodo aide à l’endormissement ou procure un meilleur sommeil. De façon empirique toutefois, le lait chaud en soirée est utilisé avec succès depuis des centaines d’années. Pour son effet relaxant peut-être?

*Si vous ne consommez pas de produits laitiers, une boisson végétale tel le lait d’amande, le lait de coco ou le lait d’avoine (par exemple) peuvent remplacer le lait de vache dans vos recettes.

Les plantes adaptogènes

Les plantes adaptogènes aident le corps à s’adapter aux différents stress, peu importe leur origine. Pour être considérées comme tel, les plantes doivent pouvoir être consommées sur une longue période sans toxicité et augmenter globalement la capacité de résistance du corps. La plupart proviennent de la pharmacopée chinoise (astragale, reishi, schisandra, etc.) et de la pharmacopée indienne (ashwagandha, tulsi, shatavari, etc.)

Le miel

Depuis très longtemps, le miel est utilisé traditionnellement pour calmer le système nerveux et tous ses désordres : stress, nervosité, dépression, agitation, insomnie, etc. Le miel non-pasteurisé contient du fer, du magnésium, du cuivre et plusieurs vitamines. Selon l’Ayurveda, il convient de ne jamais faire chauffer le miel. Si vous voulez l’utiliser dans vos boissons, ajoutez-le à votre lait tiède plutôt qu’à votre lait chaud!

Les épices

Les épices ont une action intéressante sur la santé du corps, notamment par leur teneur en antioxydants. Par exemple : la muscade a un effet calmant, réduit le stress et favorise le sommeil. La cannelle facilite la digestion et a un effet calmant. Le gingembre facilite aussi la digestion et il est anti-inflammatoire. Le curcuma est antiseptique, antiviral, cicatrisant, anti-inflammatoire et plus encore! On les utilise à petites doses mais elles ont un pouvoir étonnant sur l’organisme.

Il existe de nombreuses variantes des recettes de laits de lune.

Je vous propose ici MA recette préférée!

RECETTE LAIT DE LUNE

  • 2 tasses de lait d’avoine non-sucré
  • 1 cuillère à café de poudre d’ashwagandha
  • 1/4 de cuillère à café de cannelle
  • 1/4 de cuillère à café de muscade
  • 1/4 de cuillère à café d’extrait de vanille pure
  • 1 datte dénoyautée

Dans un petit chaudron, faire chauffer doucement le lait d’avoine. Lorsqu’il est chaud, le placer au mélangeur avec tous les autres ingrédients. Mélanger pour obtenir une boisson homogène et légèrement mousseuse. Déguster immédiatement.


LA MAMA* NOIRE DANS TOUS SES ETATS

LA MAMA* NOIRE DANS TOUS SES ETATS

A l’ombre de ma paillote, je sirote un cocktail, méditant à l’année folle qui vient de passer et suis presque prête à affronter la rentrée qui s’en vient.

Vous l’aurez compris, je suis en vacances… et ça, c’est le pied !

Les enfants sont littéralement déchaînés et tentent de me happer de cet instant quelque peu introspectif dans lequel je me réjouis de plonger.

Ces derniers mois ont été vraiment intenses. On a vécu un confinement (WTF !?). 

Et à sa sortie, un coup de massue est venu nous réveiller : le mouvement Black Lives Matter nous a comme rappelés à notre condition. Non pas que nous l’avions oubliée… mais disons qu’elle est devenue d’autant plus flagrante et frappante.

Quand je parle de nous, de qui s’agit-il ? Je parle ici de la communauté noire, la diaspora afro-descendante. 

Cette période de tumulte qui a succédé le décès de George Floyd, fut propice à pas mal de remous, de résurgences quant à un mal qui ne dit pas son nom : le racisme systémique.

Vous savez, ce racisme qui n’avance pas à découvert ; mais qui fait des dégâts sur son passage et laisse des gens sur le carreau. 

Bon, ici on parle maternité ; et c’est déjà un sacré sujet. 

Alors, de ma fenêtre, je vais m’essayer à un exercice périlleux : partager ce que peut être la vie d’une (future) mama* noire.

*mama : j’utilise ce terme en toute conscience et avec fierté. Il est pourtant exploité de manière péjorative depuis l’ère coloniale. En effet, il n’y a qu’à flâner sur Google pour comprendre mes propos. Pour certains, la mama africaine, n’est autre qu’une femme, mère de famille (trop) nombreuse, portant ses enfants dans le dos à l’aide d’un pagne, et dégainant son sein à tout va. Et cette image caricaturale et limitante (comme si une femme noire ne se résumait qu’à cela !) nous a longtemps et durement collé à la peau. C’est précisément cette image qui a permis à la fachosphère de nous dénigrer, de nous accuser de tous les maux de la société occidentale.

Mais cette image ne vous rappelle-t-elle donc rien ? 

Remplacez nos peaux sombres par une femme de couleur blanche. Elle ne ressemblerait pas, trait pour trait, au portrait du maternage proximal ? Ce maternage dont on loue aujourd’hui les bienfaits, et qu’on tente de promouvoir dans le monde de la périnatalité et de la parentalité. Utiliser le mot « mama » pour nous désigner me fait donc sourire…

La mama noire est à l’intersection de plusieurs combats, pour lesquels elle peut parfois être seule à en porter le poids.

Dans l’imaginaire collectif, elle est vue comme endurante, forte, résiliente, soutenante, généreuse, sur la défensive et même colérique. Si certains traits de caractère peuvent ressembler à des qualités ; laissez-moi vous dire qu’ils peuvent être vécus comme de vrais fardeaux.

Tout au long de sa maternité, ce sont ces même attributs qui lui colleront à la peau d’ébène qu’est la sienne, et pourront mener à des injustices (parfois masquées), qui marqueront son existence et celle de son enfant.

Volontairement, je vais quelque peu grossir le tableau. Non pas que son chemin ne soit que chemin de croix, mais le but de cet écrit étant de partager les difficultés que sont les nôtres. Pour s’imprégner davantage du parcours de la femme noire dans sa maternité, je vais tenter de le retranscrire sous forme de narration… 

Cependant, je tiens à souligner, qu’à l’instar de l’Afrique aux mille et un visages (54 pays reconnus, et plus d’un millier d’ethnies), la femme afro-descendante est plurielle. Il ne s’agira donc pas de réduire son histoire à une seule et unique tranche de vie ; mais plutôt de conter ce qu’elle peut être amenée à traverser durant ces passages fondateurs, de par sa couleur de peau.

SA GROSSESSE

La (future) mama vient d’apprendre qu’elle est enceinte. Se pose alors à elle la question de savoir quel professionnel de santé la suivra tout au long de sa grossesse.

Vous le savez peut-être déjà, depuis quelques semaines, la toile et l’establishment français s’affolent au sujet d’une liste de professionnels de santé noirs. 

Voir toute cette agitation me fait doucement rire. Si, au lieu de la condamner, on s’intéressait d’abord aux raisons qui poussent les femmes noires à chercher des professionnels qui leur ressemblent, dans le but de se sentir plus écoutées, et plus en sécurité.

D’ailleurs, dans les jours qui ont suivi la levée de boucliers émanant des différents ordres de professionnels de santé, une étude parue dans la revue américaine « Proceedings of the National Academy of Sciences » met en lumière le fait que les nourrissons noirs avaient plus de chance de survie en étant soignés par des médecins qui leur ressemblent (comprenez « de la même couleur de peau qu’eux »). 

Cet article relate assez bien les faits => https://m.20minutes.fr/amp/a/2842643

Le constat est alarmant… mais il est surtout choquant ; si bien qu’en France, on préfère éluder ce type de sujet. 

Les raisons de ce type d’inégalités (j’emploierais plutôt le terme « injustices » mais bon…) peuvent être multiples :

  • Le racisme et ses dérivés -> le syndrome méditerranéen a encore de beaux jours devant lui. Cette fameuse et abominable idée reçue qui pousse à croire que les personnes originaires du sud de la Méditerranée (comprenez ici l’Afrique ^^) auraient tendance à exagérer leurs maux / souffrances / douleurs. Au cas où vous douteriez du fondement raciste de cette croyance qui subsiste dans le milieu médical, rappelez-vous des travaux et expériences du « père » de la gynécologie moderne James Marion Sims. Je vous invite vivement à lire un peu sur ce sujet, en cliquant ici par exemple https://dailygeekshow.com/gynecologie-james-marion-sims-experiences-esclaves-noires/

  • les inégalités socio-économiques -> faute de moyens, certaines familles se retrouvent limitées quant au choix de la structure et du praticien pour le suivi médical durant la grossesse, l’accouchement, et le post-partum.

  • les préjugés culturels et la politique d’assimilation en découlant -> les mamas noires sont parfois victimes de mauvaise réputation : trop d’enfants, des bambins collés au sein ou dans le dos, illettrées, et j’en passe. On les qualifie parfois de « sauvages » ou de non-intégrées à la culture occidentale. Une politique d’assimilation est donc parfois déployée : il s’agira d’inviter ces femmes à ne plus se contenter d’être de « simples » femmes au foyer, faire la promotion d’un maternage plus distal (places en structures d’accueil pour les bébés, école dès 2 ans dans certaines villes) ; tout cela dans le but « d’aider » ces mères. Ici, je ne blâmerais aucunement les acteurs sociaux qui font un travail magistral. C’est le système que je déplore… celui qui met en avant la séparation anticipée de la dyade mère / enfant, alors que ce dont aurait besoin chaque mère, c’est plutôt du soutien, de l’écoute et du respect quant à ses choix éducatifs.

A ce sujet, j’ai d’ailleurs une anecdote quelque peu amusante : 

D’antan, la mama africaine était réputée pour son pagne servant de moyen de portage. Elle portait son bébé dans le dos à toute heure et en toute occasion, y compris dans ses activités qu’on qualifierait de professionnelles.  

Cette image d’elle fut d’ailleurs perçue de manière très péjorative à compter des années 80. Peu à peu, ce bout de tissus aux couleurs chatoyantes fut abandonné, au profit de la poussette. Devenue une sorte d’indicateur d’intégration et de réussite sociale, la poussette a envahi nos banlieues. Aux oubliettes le pagne et le bébé collé à sa maman !

Mais voilà que, fort heureusement, les vertus du portage ont été mises en avant. Le portage (re)devient tendance. Seul bémol : bien qu’il soit une continuité instinctive de la grossesse, il n’en reste pas moins parfois onéreux et difficile à appréhender : un atelier de portage a un coût qui n’est pas négligeable pour les foyers très modestes. On pourrait même trouver ce milieu assez élitiste malheureusement. Paris regorge d’ateliers de portage, y compris dans les structure publiques. Tandis que la banlieue est plus « pauvre » en évènements autour de la périnatalité.

Voilà ce qui pourrait expliquer qu’il ait du mal à s’implanter dans nos quartiers dits populaires.

Les banlieues (pour ne pas dire cités) et les communautés issues de l’immigration sont étroitement liées. Bien que cette thématique soit passionnante, je ne vais pas l’étayer dans ce billet, ce serait trop long. Cependant, je vous encourage à faire vos recherches à ce sujet pour comprendre les mécanismes qui ont régi notre société. Pas mal d’ouvrages et articles existent sur la toile (en voici un parmi tant d’autres https://www.revue-projet.com/articles/2007-4-les-banlieues-populaires-ont-aussi-une-histoire/ )

  • la saturation des structures publiques -> pour les familles aux revenus modestes, il existe des structures de soins « gratuites ». Elles ne sont pas vraiment gratuites, car financées par les deniers publics, et donc nos impôts. Cependant, toutes ces infrastructures (hôpitaux publics, Centre de Protection Maternelle et Infantile, etc) sont littéralement saturées… Que dis-je ? Noirs de monde plutôt ! 

Réduction drastique des budgets, manque de personnel, listes d’attente à rallonge pour la patientèle… Tout cela met à mal la quantité et la qualité des soins et conseils proposés au public, d’autant plus dans les zones urbaines. Faute de moyens, les foyers n’ayant pas les moyens de recourir au privé doivent se contenter d’attendre gentiment leur tour.

Je conçois que la situation en France n’est pas à 100% identique à celle des États-Unis d’Amérique. Ici, le système de santé est quelque peu plus élaboré. Mais à force de raboter à tous les étages, nous nous dirigeons de plus en plus vers un monde capitaliste à outrance, où seul l’argent garantira le droit aux soins.

Et lorsqu’on étudie les inégalités socio-économiques entre les personnes issues de l’immigration et les non-racisés, on comprend que le bas de l’échelle est plus souvent occupé par des racisés.

Pour comprendre les mécanismes qui alimentent ces inégalités, je vous invite à faire vos propres recherches.

SON ACCOUCHEMENT

Accrochez vos ceintures, on arrive là sur une pente glissante…

Permettez-moi donc de planter le décor : les violences gynécologiques et obstétricales concernent toutes les femmes, quelle que soit la couleur de peau.

Mais ajoutez à cela les clichés racistes (que ce soit  volontaire ou non), les biais culturels que peuvent être les nôtres (exemple : le médecin faisant toujours office de figure d’autorité), la possible barrière linguistique, et les discriminations économiques… l’ambiance dans la salle de travail peut vite devenir anxiogène, voire explosive. 

J’omettais aussi d’aborder le sujet du tutoiement intempestif face à une femme noire. A l’instar de la police qui s’adresse aux homme noirs via le tutoiement, certains professionnels de santé ont gardé cette image paternaliste du rapport entre le colonisateur et le colonisé. Un relent de « White Saviorism » y est aussi pour quelque chose. 

Si vous voulez savoir ce que c’est, voici quelques détails  :

https://sorbonnehumanrights.wordpress.com/2019/02/14/quelques-mots-sur-le-complexe-du-sauveur-blanc-ou-le-white-saviorism/ 

J’ai d’ailleurs une vilaine anecdote à ce sujet. Bien qu’elle date de 1984, elle me semble intéressante à étudier.

Avant d’arriver en France, ma mère était sage-femme diplômée d’état à Madagascar (pour ceux qui ne sauraient situer le pays, c’est une grande île située dans l’Océan Indien, ancienne colonie française).

Sur Paris, un jour de septembre 1984, elle était sur le point de donner naissance à sa première fille : moi.

Osant exprimer les douleurs qu’elle ressentait, l’équipe médicale sur place a pris la décision de l’attacher. Elle dut alors donner naissance, pieds et mains liés. (oui, vous avez bien lu !)

La voyant se tordre de douleur, une des soignantes lui a alors littéralement rétorqué «tu vas me dire que tu étais sage-femme dans ton pays toi ? »

Comment mettre au monde son enfant en toute quiétude, dans de telles conditions ? 

Comment garder et transmettre un souvenir positif de tels évènements ?

Des violences, plus ou moins ordinaires, mais non moins marquantes, des tas de femmes noires pourraient vous les conter. Tant d’anecdotes qui peuvent traumatiser des femmes, mais aussi les bébés à naître.

D’ailleurs, en y repensant, je me demande si le « syndrome de la blouse blanche » que rencontre ma mère à chacune de ses visites médicales, aussi anodines soient-elles, ne serait pas dû à cela ?

Imaginez que du haut de ses 66 ans, sa pression artérielle et son rythme cardiaque montent en flèche à chacun de ses rendez-vous médicaux.

Pour mieux comprendre le syndrome de la blouse blanche => https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet

Un autre point important entre en ligne de compte : la non-assumée racisation des patientes. Ces idées reçues qui poussent certains soignants à différencier les protocoles de soin en fonction de l’origine ethnique des patientes. 

L’article suivant explique bien ce mécanisme => https://afrosmums.wordpress.com/2017/03/30/la-racisation-des-patientes-les-femmes-africaines/amp/

Au menu des idées reçues : le fameux bassin trop étroit, la grossesse prétendument plus courte, et l’endurance à la douleur. Parsemez ensuite tout cela du célèbre « syndrome méditerranéen »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_méditerranéen

Quand je dis que cette différenciation n’est guère assumée, c’est qu’elle ne se dit pas. Elle n’est aucunement officielle mais semblerait à l’appréciation du soignant.

Ces douleurs et traumatismes subies par les mères noires en couche ne sont guère anodines. Elles ont d’éventuelles répercussions sur les lignées de femmes qui seront à leurs suites. 

Il s’agit de blessures supplémentaires à ce qu’ont subi certaines de nos aïeules lors des périodes d’esclavage et de colonisation : viols, tortures, vol d’enfants, infanticides, morts des nourrissons par malnutrition, avortements et stérilisations forcées, etc.

https://www.linfo.re/la-reunion/societe/713976-francoise-verges-les-medecins-et-les-cliniques-ont-fait-fortune-sur-le-ventre-des-femmes-reunionnaises

Certain(e)s se diront peut-être que cela fait partie du passé ; mais les utérus de nos ancêtres sont porteurs de lourds secrets, qui se répercutent sur plusieurs générations. Comme si les violences faites aux femmes, de manière générale, n’étaient déjà pas assez… 

De nos jours, certaines femmes noires s’apprêtent donc à donner naissance au fruit de leurs entrailles avec appréhension, et en étant au centre de clichés qui vont influer sur la façon dont elles seront prises en charge.

Je pense sincèrement que des statistiques ethniques mettraient en lumière un taux de césariennes plus élevé chez les femmes noires.  Pour étayer mes propos, cet article concernant la santé maternelle des « africaines » en Ile-de-France peut être une bonne entrée en matière => https://journals.openedition.org/remi/5902#tocto1n2

SON POST-PARTUM

Il est né le divin enfant.

Commence alors cette joyeuse, mais aussi tumultueuse période, parsemée de doutes et de fatigue.

Bien qu’heureuses de tenir leurs bébés dans les bras, toutes les mères connaissent ce type de difficultés : démarrage d’allaitement parfois compliqué, douleurs de suites de couches, solitude, et j’en passe… Bref, le parfait moment où l’aide des professionnels de santé serait la bienvenue.

Malheureusement, un nouvel à priori vient ternir le tableau ; cette image que certains soignants se font des mères noires : 

  • femmes toujours très (voire trop) entourées,

  • femmes qui allaitent très facilement,

  • femmes qui ont tendance à grossir leurs maux / douleurs.

Ce sont ces préjugés qui laissent parfois penser que la mama noire n’a pas besoin de soutien dans son postnatal. 

Pour expliciter mes propos, j’ai un exemple qui me concerne personnellement.

Je me rappelle la naissance de ma seconde fille. A la maternité, la sage-femme est entrée dans ma chambre avec une de ses stagiaires, afin d’observer la prise du sein. En se dirigeant vers moi, elle lui dit « oh on va plutôt aller dans une autre chambre car les mamans comme elle, on dirait qu’elles ont fait ça toute leur vie !  Ca roule tout seul ». Elle ne le disait pas méchamment mais, sans le savoir, sa remarque était basée sur des biais racistes… les mêmes qui ont poussé des femmes à exiger de leurs esclaves qu’elles allaitent les enfants de leurs maîtresses, au détriment des leurs. En se persuadant qu’une femme noire, comme moi, n’a pas besoin d’aide dans la mise en place de l’allaitement, ne me refusait-elle pas un soutien qui m’aurait pourtant été si précieux ?

Un jour après, j’avais pourtant des cratères à la place des mamelons, et je remarquais que ma fille avait un énorme frein de langue, qu’elle a fini par casser à la force de sa succion.

Quand on sait que certaines femmes n’osent pas solliciter de l’aide si on ne la leur propose pas… ce type de préjugés peut mettre à mal l’allaitement de jeunes mamans, mais aussi causer d’autres désagréments (sentiment de solitude intense, dépression post-partum, etc.).

C’est durant le post-natal qu’une chose m’a également sauté aux yeux : le manque de représentation.

Vous savez, enfant, j’ai déjà pas mal ressenti cela sur les bancs de l’école, dans les cours de récréation, les rayons des magasins de jouets, ou en regardant la télévision… mais c’était il y a plus de vingt ans. Je ne pensais plus vivre cela de façon aussi violente. Et pourtant…

La maternité, c’est une fenêtre de temps où une femme peut vite se sentir bien seule : elle n’exerce plus d’activité professionnelle durant quelques mois, alors que son entourage (famille et amies) continue de vaquer à ses occupations. C’est aussi une période où une multitude de questions et de doutes nous traversent l’esprit. Souvent, on se tourne vers d’autres mères pour échanger, que ce soit de façon physique ou virtuelle. C’est vraiment précieux de rencontrer et bavarder avec des femmes qui traversent les mêmes choses que nous, en même temps que nous. Bref, des femmes qui nous ressemblent. C’est un espace où l’on se sent épaulées, portées, fortifiées et en sécurité. On jase sur la fatigue qui nous envahit, sur nos fuites de lait, sur les beaux sourires de nos bébés, et j’en passe.

On vient aussi y trouver des réponses, des conseils en portage, ou des informations sur les couches lavables ou jetables. 

Ben vous savez quoi ? Je vais être claire avec vous … Dans la majorité de ces lieux d’échanges entre mères, je n’ai vu que très peu de femmes noires. La plupart du temps, j’étais la seule.

Bien évidemment, j’y ai toujours été très bien accueillie, sans distinction de couleur. Mais, quand j’analyse vraiment mon ressenti, je m’y sentais un peu seule. C’est étrange comme sentiment. Je crois que j’ai mis les mots dessus il y a peu. Jusque-là, je ne nommais pas ce qui me traversait.

Je me questionne donc sur les raisons de l’absence de femmes noires dans ce type d’évènements. C’est une vraie question.

J’ai plusieurs pistes qui me viennent alors en tête :

  • tout d’abord, le monde de la périnatalité est, malheureusement, encore un milieu élitiste. En France, la grande majorité des évènements a lieu sur Paris. Sauf que, je le rappelle, vivre sur Paris n’est pas accessible à tout le monde. J’en reviens à mon petit laïus sur le rapport entre banlieues et immigrations. Une grande partie de la population francilienne noire vit dans les banlieues. A mon grand désespoir, de telles initiatives n’ont pratiquement jamais lieu dans nos petits « recoins » (allez, je vais être positive : ça veut dire que pleins d’opportunités s’offrent à des doulas comme moi pour y remédier ;-)

De plus, qui dit événement sur Paris, dit coût de location de salle plus élevé. Cela augmente donc le montant de participation aux frais… ajoutons à cela, les transports ou le parking ; on arrive à une somme qui n’est pas des moindres, en plus du temps passé sur la route. Ce type de « sorties » peut virer au périple pour les participantes les plus éloignées et isolées. Cela peut être un frein non négligeable pour certaines.

  • L’absence de sensibilisation autour du maternage proximal vers les femmes noires et les femmes de quartiers populaires. 

Dans les banlieues, faute de moyens, les structures publiques pouvant servir de parfaits relais, ne peuvent octroyer de temps à la sensibilisation et la promotion d’un maternage plus proximal (allaitement, portage, etc.). Alors que dans les villes plus aisées (certains quartiers parisiens !), les centres de PMI ont des créneaux autour de cette thématique. Pourtant, les communes et quartiers plus défavorisés en auraient bien besoin aussi.

  • La communication autour de ces évènements ne cible pas les femmes noires. 

Ok, depuis la ferveur du #BlackLivesMatter, les publications mettant en avant des mamas noires fleurissent peu à peu sur la toile … et c’est une superbe chose. Je m’en réjouis !

Mais il y a encore 6 mois, rares étaient les blogs et comptes influents osant le faire. La raison ? Et bien figurez-vous que ce n’était pas très « vendeur ». Wahou… pardon, mais cela m’émeut toujours quand j’y pense. 

La question qui me turlupine alors est de savoir : si les femmes noires ne se sentent pas représentées autour d’une thématique, comment donc pourraient-elles s’y intéresser ? Ne serait-ce pas une forme d’exclusion (volontaire ou non) ?

Je réfléchis à tout cela. Ce type de problématique me travaille beaucoup. Et je pense sincèrement que pour permettre à des femmes issues de minorités d’exister dans un milieu, il faut leur donner de l’espace, de la visibilité, la parole. Cela ne peut être qu’ainsi qu’elles oseront s’insérer dans des endroits qu’elles pensaient jusqu’alors réservés aux autres seulement. 

Je sais, cela demande beaucoup d’empathie et de patience… d’acceptation de recul ou de perte même, parfois.  

Mais, c’est ainsi qu’on bâtît un monde meilleur ; c’est ainsi qu’on donne naissance au  monde d’après.

Donner la vie… oui, c’est un peu pareil. Un coup ça avance, puis vient une pause. Phase de latence… puis ça redémarre. C’est intense. Mais j’ai espoir. C’est possible. 

Nous les femmes, de toutes les couleurs de peau qui soient, nous en sommes capables.

Avec tout mon amour (et avec beaucoup de gratitude pour celles qui auront lu ces nombreuses lignes, acceptant de faire ce voyage avec moi)

Dani’

Danielle YUKU-DOGBE, Doula
Site web : www.mamasistadoula.fr
Courriel : mamasistadoula@gmail.com
Instagram : www.instagram.com/mamasistadoula


L'histoire du groaning cake

L’histoire du groaning cake

Parce que je suis une ritualiste et que je prends plaisir à la pleine conscience, aux célébrations et aux petites attentions, quand je suis tombée sur cette tradition du “Groaning cake” je n’ai pu qu’être émue. Émue aux larmes devant l’acte de cuisiner un gâteau pour une femme en plein enfantement. C’est un acte d’amour. Depuis, je cuisine ma version de ce gâteau chaque fois que je rends visite à une nouvelle mère en postpartum!

Groaning cake pourrait être traduit par gâteau gémissant – haha! Le gémissement ne vient pas du gâteau lui-même mais c’est plutôt son association à la période de l’accouchement et du postpartum qui lui a valu son nom. Sa confection semble issue d’une tradition originaire du Royaume-Uni. Chaque région du monde a ses rituels et ses recettes pour le postnatal qui lui sont propres et je trouve fascinant de nous ouvrir à cet éventail de façons d’honorer le rite de passage de la maternité. Malheureusement beaucoup de ces rituels se perdent au fil du temps… Ami McKay partage cette tradition dans sa nouvelle The Birth House et c’est -je crois- ce qui a permis de nous la faire connaître.

Donc, ce fameux Groaning cake, à l’origine, était préparé par la femme enceinte au début du travail et lui servait à se mobiliser, se changer les idées et mieux supporter l’attente des premières heures. Après la naissance, ce gâteau était servi à la mère en premier pour l’aider à reprendre des forces puis à tous ceux présents à l’accouchement. On dit aussi que les odeurs qui émanaient lors de la cuisson du gâteau aidaient les femmes qui accouchaient. Je n’ai pas de peine à le croire! Il y a quelque chose de profondément rassurant, réconfortant dans l’odeur des épices qui embaument la maison. C’est une odeur “maternante”. Alors, la femme qui se laisse bercer par les effluves peut se sentir portée par cette belle énergie! Je l’ai vécu assez souvent en cuisinant à domicile pour de nouvelles mamans. Les odeurs en cuisine ont un fort pouvoir thérapeutique!

Une recette similaire à celle plus bas circule un peu partout sur le web. Je l’ai adaptée légèrement pour qu’elle contienne moins de sucre raffiné et soit vegan. C’est chaque fois un grand succès!

Recette

1 ½ tasse de farine
1 tasse d’avoine cuisson rapide
½ c. à thé de cannelle
¼ c. à thé de gingembre
¼ c. à thé de clou de girofle
½ c. à thé de muscade
2 c. à thé de poudre à pâte
2 c. à table de graines de lin moulues
6 c. à table d’eau
½ tasse d’huile végétale
1 tasse de sucre de canne
1 c. à thé d’extrait de vanille
Le jus d’une orange pressée
1 c. à thé de zeste d’orange
¼ de tasse de mélasse noire
1 petite pomme épluchée et râpée
1 petite carotte épluchée et râpée

Préchauffer le four à 350°F. Huiler un moule à pain 9×13.

Dans un grand bol, mélanger les ingrédients secs ensemble (les 7 premiers). Dans un ramequin, mélanger les graines de lin et l’eau. Laisser gonfler. Dans un autre bol, mélanger l’huile, le sucre, la vanille, le zeste et le jus d’une orange et la mélasse. Ajouter le mélange de graines de lin et mélanger. Lorsque le mélange est homogène, l’ajouter aux ingrédients secs. Ajouter la pomme et la carotte râpées et remuer à nouveau. Verser dans le moule.

*Si la pâte est un peu trop épaisse, un tout petit peu plus de jus d’orange ou même de lait végétal pourrait aider à la délier.

Cuire au four pendant environ 50 minutes. Laisser refroidir avant de démouler.


Si vous êtes en train de planifier votre postpartum à venir, notre formation courte sur l’alimentation restauratrice et adaptée à cette période devrait vous plaire. Disponible juste ici!

 


La magie des cercles de femmes

C’est ensemble, en cercle, que nous co-créons. Que la magie, la vraie, se passe. Ce n’est pas en restant isolées. 

Dans l’histoire de l’humanité, hier encore, les femmes se rassemblaient autour des évènements heureux et malheureux de la vie. Que ce soit pour la cuisine, apprendre un métier, cultiver la foi, célébrer un départ, accompagner la vie, prendre soin des enfants. Chacune savait qu’elle pouvait compter sur d’autres pour lui apprendre, l’entendre, la guider. Nous avons perdu ce contact privilégié avec nos soeurs de coeur aux travers de l’industrialisation, entre-autres. Et c’est malheureux.

Nous avons aussi perdu cette connaissance des cercles de partages. Se retrouver entre-nous dans un espace sécuritaire fait croître notre puissance personnelle, nous donne des ailes. Depuis quelques années, une résurgence de ces espaces sacrés se fait sentir. Et c’est tant mieux!

Les femmes ont besoin de cette reconnection à elles-mêmes et aux autres. Elles tendent naturellement vers cette spiritualité sans dictats, difficile à décrire en mots mais pourtant réellement désirée. Les cercles leurs permettent d’explorer, de s’exprimer et d’expérimenter cette spiritualité.

Les cercles ne sont pas des thérapies ou des groupes de supports. Au lieu de mettre l’emphase sur une problématique ou sur des actes du passé, les cercles veillent à mettre en lumière le chemin pour celles qui désirent grandir, avancer, se transformer. Chacune vient y trouver sa propre vérité.

Il existe des cercles de parole pour être entendue, pour être inspirée.

Il existe des cercles de création, collective, individuelle, pour le plaisir.

Il existe des cercles de passage pour les grandes étapes de la vie.

Il existe des cercles pour cheminer spirituellement.

Il existe des cercles en présentiel, des cercles en virtuel.

Lors d’une rencontre, chacune arrive avec son bagage de vie, chacune arrive avec ses appréhensions, ses attentes, chacune arrive avec son ouverture envers l’autre. Toutes les rencontres seront différentes du fait que l’énergie du moment ne sera jamais la même (et ce même si les participantes sont les même, même si la structure de l’intervention est pareille).

Chaque facilitatrice de cercle choisit de mener ses rencontres comme elle l’entend (cliquez ici pour en savoir plus). Il faut veiller à se diriger vers un groupe qui correspond à nos besoins et à nos valeurs. Nous avons une responsabilité en tant que participantes et c’est de nous investir dans ces cercles pour pouvoir vivre l’expérience jusqu’au bout afin qu’elle nous transforme. Pour certaines, se sera transcendant, pour d’autres une curieuse découverte. Il n’y a pas de bonne réponse.

Ce qui est magnifique dans ces cercles, tels qu’ils nous sont présentés aujourd’hui, ce sont les rituels. L’être humain est avide de connection, de rituels et de cérémonies. Cela fait partie de lui. Mais avec nos vies actuelles, la place pour ces actes ou ces rassemblements est souvent minuscule. En tentant de supprimer quelque chose qui est là, bien présent en nous, nous ne nous rendons pas service. Nous taisons un de nos besoins fondamentaux, celui de donner du sens à la Vie.

Et même en n’étant pas du tout “spirituelle”, “ésotérique”, “sorcière”, “flyée” ou “perchée”… il est possible de se joindre à un cercle de parole, un cercle de partage, pour y échanger et apprendre sur nous. Il existe autant de types de cercles que de types de personnalités!

À travers ces rencontres hebdomadaires, mensuelles, trimestrielles, … vous rencontrerez des personnes fantastiques, vous apprendrez à faire confiance au processus, vous en ressortirez plus légères et parfois même euphoriques, vous aurez envie d’amener du sacré dans votre quotidien. Et ça c’est un sacré cadeau : celui que de faire de la place à l’essentiel dans nos vies et de cultiver un sentiment d’émerveillement et de gratitude.

J’ai besoin, nous avons besoin, de trouver notre tribu, notre clan.

J’ai besoin, nous avons besoin, de verbaliser ce qui nous encombre sans peur d’être jugées, catégorisées, conseillées.

J’ai besoin, nous avons besoin, d’endroits sécuritaires où il fait bon ÊTRE.

Maintenant, j’ai une question pour vous : qu’est-ce qui vous fait hésiter à joindre un cercle de partage, un cercle de parole?


Bourses d'études - Formation pour devenir doula postnatale (en ligne)

 

BOURSES D’ÉTUDES
.

Pour l’édition d’automne 2019 de notre formation intensive pour devenir doula postnatale (EN LIGNE), nous désirons offrir deux bourses permettant à deux personnes d’accéder à la formation sans frais.

.
Un formulaire en ligne a été créé à cet effet et sera accessible entre le 02 et le 23 août 2019 midi. Suite à cela, nous prendrons le temps de bien évaluer chaque candidature reçue et de faire une sélection basée sur certains critères (voir plus bas).  

.
Les deux personnes choisies seront annoncées le vendredi 30 août via les réseaux sociaux de Maternité Sacrée et son infolettre. Les récipiendaires seront contactés par courriel.

.
La formation débutera le 23 septembre 2019. Une connexion Internet et un compte Facebook sont essentiels pour participer à cette édition. Tous les détails de la formation sont accessibles ICI.

.
Pour notre évaluation, nous demandons certains renseignements privés. Merci de nous faire confiance dans la gestion de ces informations. Nous les traiterons avec le plus grand respect. Dès la fin de la sélection, toutes ces informations seront supprimées. TOUTES LES INFORMATIONS QUE VOUS NOUS TRANSMETTEZ RESTERONT DONC CONFIDENTIELLES.

.
Les participants sélectionnés devront produire un article de blogue ou un vidéo relatant leur expérience et s’engager à terminer la formation dans un délai raisonnable (idéalement moins qu’un an).
.

CRITÈRES DE SÉLECTION :

.
Dans notre étude de candidatures, nous évaluerons :

– Le besoin financier des participants
– L’identification à un ou plusieurs groupes marginalisés
– Un plan ou une idée pour mettre en pratique les enseignements suite à la formation
L’adhérence aux valeurs de Maternité Sacrée
– Un talent, une passion, un amour pour la périnatalité et le travail auprès des familles
– Une attitude de donner au suivant que ce soit par l’implication bénévole ou les projets à faire fleurir en communauté

.
RÉSULTATS :

Voici les noms des deux personnes sélectionnées (annoncé le 30 août 2019) : Léa Bédard & Noémie Le Duedal 


Rituels bien-être après l'accouchement

 

RITUELS BIEN-ÊTRE APRÈS L’ACCOUCHEMENT

L’accouchement est un moment fort dans une vie. Un rite de passage, une grande étape. Son souvenir peut être magnifique ou teinté des mauvaises expériences vécues. Une chose est sûre : nous en sommes transformées à jamais. Certaines sont plus conscientes de cette transformation que d’autres. Certaines le vivent plus facilement que d’autres. Lorsque le besoin de tourner la page, l’ouverture et la curiosité sont au rendez-vous, un rituel de fermeture peut permettre de désamorcer certains sentiments négatifs, se sentir maternée et prise en charge, prendre du temps pour soi, se permettre une intériorisation. Plusieurs rituels tout simples peuvent se mettre en place en postpartum, au quotidien, pour s’honorer et se faire du bien. On peut aussi combiner certains de ces éléments pour se créer une cérémonie riche de sens. En voici quelques-uns!
.

Massage

Tout de suite après l’accouchement et pendant quelques jours, massez vos muscles endoloris à l’aide d’une huile à l’extrait d’arnica. Cela les détendra!

En Inde, le massage en postpartum est important pour la guérison du corps mais aussi pour l’appropriation de soi, la détente corporelle et mentale, la purification. Après les premières journées où l’emphase est mise sur le repos total, un massage quotidien s’installe et perdure pendant environ 40 jours. En Occident, ce massage quotidien peut être difficile. Je vous encourage à pratiquer l’auto-massage chaque jour et à vous permettre un massage avec professionnel à l’occasion! Si vous avez un.e partenaire, c’est le temps de lui demander de pratiquer certaines techniques de massage sur votre corps!
.

Serrement du bassin

Un sentiment de vide est souvent présent après l’accouchement. Le ventre rond et plein est maintenant mou et vide. On peut éprouver de la douleur à la symphyse pubienne, au périnée, aux hanches. Un serrement de bassin avec tissu fait vraiment du bien. Allongée, avec un tissu sous les fesses et croisé au niveau du pubis, deux personnes de chaque côté de la femme tirent sur un pan du tissu afin d’enserrer les hanches de la femme. Cela allège le sentiment de vide et permet de soulager le bassin. En cas de césarienne ou de problématique à l’accouchement, attendre quelques semaines avant de procéder à ce rituel.
.

Tea Time #metime

Choisissez un moment de la journée et essayez de le respecter (à la maison ou à l’extérieur, ça fonctionne tout autant!).

Laissez savoir aux autres que ce moment est important pour vous… que ce soit 10 ou 30 minutes!

Initiez vos enfants à l’heure du thé. Une tisane festive, servie dans de belles tasses, avec des livres à colorier, c’est gagnant pour les enfants! Faites-en un jeu. Vous aurez alors peut-être droit à quelques minutes de tranquillité. Ça fonctionne chez moi, héhé. Et c’est un excellent truc pour leur passer sous le nez des infusions de plantes médicinales adaptées ou de concentrés liquides ajoutés à l’infusion!

Trouvez l’endroit dans la maison pour savourer ce moment. Près d’une fenêtre? Sur la galerie? Dans votre lit? Créez-vous un petit coin détente où vous aurez plaisir à vous installer pour relaxer. Fermez toutes les distractions, cellulaire compris et soyez pleinement présente le temps d’un instant.

Variez les breuvages. Les tisanes d’herbes sont remplies de propriétés bénéfiques pour votre santé. Si vous avez besoin d’un petit remontant, allez-y avec un chaï ou un thé vert, qui contiennent tous deux de la caféine mais qui vous donneront un boost plus stable que le café. Un cacao chaud ou un lait d’or ou un rooibos ou un café de céréales ou un matcha sont d’autres belles options!
.

Yonisteam

En postpartum, s’accroupir ou s’asseoir au-dessus d’un récipient rempli d’herbes et d’eau chaude afin de laisser les vapeurs pénétrer la vulve et le vagin peut aider à diminuer les tranchées (les contractions post-accouchement servant à ramener l’utérus à sa taille originelle), réduire les chances d’infection, aider l’utérus à reprendre sa taille, sa forme, sa place, tonifier le vagin et faciliter un sain retour de couches (le retour de menstruations). On doit attendre que les saignements aient diminué ou cessé avant de commencer le sauna vaginal.

Cours en ligne sur le sauna vaginal pour la guérison en postpartum juste ICI
.

Méditation

Dans l’effervescence du postnatal, prendre du temps pour méditer peut sembler insensé. Pourtant, quelques études le confirment, une pratique relaxante telle la méditation diminue les risques de dépression postpartum. La méditation est une belle alliée pour nous apporter une paix d’esprit, plus de calme, un meilleur sommeil, diminuer notre anxiété et nous libérer de nos tensions.

Cela permet aussi d’être plus connectée à ses bébés et de se réapproprier sa propre énergie. Tout le long de la grossesse, maman et bébé n’ont fait qu’un. Après l’accouchement, une certaine dissociation doit avoir lieu pour se permettre d’exister et de prendre soin de soi… pas seulement du bébé!

Il y a une multitude de façons de méditer mais sachez que la durée importe peu. Un 5 minutes par jour peut avoir une grande influence sur votre état d’esprit. On peut s’y adonner pendant la sieste de bébé, avant le dodo, pendant la tétée. Il suffit de se fermer les yeux et se concentrer sur sa respiration. On peut répéter un mantra, écouter une musique relaxante ou essayer de décontracter chaque muscle du corps. Il faut l’essayer pour l’adopter!
.

Bain de cérémonie

Un bain de cérémonie peut être organisé seule ou avec bébé. C’est un bain pour se replonger dans ses souvenirs et se laisser purifier par l’eau. Des plantes, des fleurs, du sel, des huiles essentielles et d’autres éléments peuvent être ajoutés à l’eau – certaines contre-indications s’appliquent, soyez prudentes! C’est l’occasion de se détendre et de se laisser bercer au son de la musique qui nous a accompagnée tout au long de l’accouchement, au son d’un tambour chamanique ou du bruit de la pluie qui tambourine sur les fenêtres. Cette cérémonie peut être guidée par une facilitatrice ou l’on peut choisir de se donner une intention pour le bain, aménager un espace sacré et profiter du moment.
.

Soin Rebozo

Un soin Rebozo est une cérémonie de fermeture d’origine mexicaine. C’est une magnifique occasion de boucler la boucle. En honorant un passage, on permet à la femme une transition énergétique, corporelle, émotionnelle et spirituelle. On célèbre son rite de passage. C’est un magnifique soin pour toute femme qui désire ritualiser un premier passage, un deuil, une séparation, un dernier bébé pour la famille ou simplement pour se retrouver.

Les praticiennes du soin Rebozo laissent l’espace nécessaire à la femme pour raconter son expérience et mettent en place plusieurs rituels tout au long de la rencontre jusqu’à la cérémonie finale où la femme est réchauffée, massée, bercée et enveloppée serrée dans de beaux tissus (Rebozos).

Un bain aux herbes ou un sauna vaginal est proposé puis un modelage du corps en entier avec une huile chaude est pratiqué. On termine avec des bercements et des serrages du corps à l’aide de Rebozos (longs châles tissés). Une tisane de la femme est proposée tout au long du soin et un retour sur l’expérience se fait suite à la cérémonie. Le tout dure environ 3h.
.

Fête en compagnie des femmes de sa vie

Un peu après l’accouchement, ce peut être l’occasion de se retrouver entre femmes pour partager sur l’expérience qui vient d’être vécue. La mère est célébrée comme une reine. On lui apporte à boire, à manger. On pourrait même la masser, lui offrir de petits présents symboliques. On s’assure de laisser la maison plus propre au départ qu’à l’arrivée et on en profite pour laisser quelques plats au frigo. De doux souvenirs pour toutes les femmes présentes et un bel encouragement pour la mère en pleine découverte et adaptation à son nouveau rôle.


Envie de faciliter de beaux rituels et de magnifiques cérémonies autour de la maternité? Notre formation pour devenir facilitatrice d’espaces sacrés pourrait être pour vous! Cliquez ici pour plus de détails!

 


Quoi offrir à la nouvelle maman?

QUOI OFFRIR À LA NOUVELLE MAMAN?

On gâte les nouveaux-nés abondamment. On oublie parfois les mères qui viennent d’accoucher et qui sont en train d’apprendre à allaiter. Ce sont de grandes épreuves dans la vie d’une femme! Un rite de passage d’envergure! Je vous propose ici quelques idées cadeaux, riches de sens, pour la maman surtout mais aussi pour le bébé. Avant toutes choses, je tenais à vous rappeler que les nouvelles mères ont surtout besoin d’écoute sans jugement, de mots doux, d’encouragements, de temps et de beaucoup d’amour! 


CADEAUX SIMPLES

Repas préparés
Jolie gourde d’eau (tout pour inciter la maman à bien s’hydrater)
Mélanges de tisanes pour la maman
Camisole d’allaitement
Bouquet de fleurs séchées (pas besoin d’entretien!)
S’occuper des enfants plus vieux
Aller faire des courses pour la famille
Une plante
Un bijou de lait maternel
Une retouche de l’empreinte placentaire

Coquillages d’allaitement
Un joli pyjama (tout pour inciter la maman à se reposer)


PROFESSIONNELS

Femme de ménage
Traiteur
Doula postnatale
Photographe maternité / allaitement
Conseillère sommeil de l’enfant / allaitement


SOINS

Bain Thalasso pour bébé
Massage à domicile
Soins esthétiques
Ostéopathie maman / bébé
Produits de soins naturels
Herbes pour bain floral postpartum

Bandage du ventre
Herbes pour sauna vaginal (yonisteam)


RITUELS

Mamablessing
Soin Rebozo
Rituels de fermeture
Cérémonie d’accueil du nouveau-né


FORMATIONS

Portage
Sauna vaginal

Massage bébé
Yoga maman / bébé
Cuisine restauratrice

Bandage du ventre


5 rituels pour un blessingway réussi

5 RITUELS POUR UN BLESSINGWAY RÉUSSI

Un blessingway est une cérémonie de naissance, un rassemblement intime visant à honorer une femme sur le point d’enfanter. Le but de cette cérémonie étant de la célébrer, la supporter et la préparer à la maternité et à l’accouchement imminent. Ce rituel est inspiré des traditions des Navajos, peuple amérindien d’Amérique du Nord.

Entourée des femmes de sa vie, la femme enceinte se laisse materner le temps d’une rencontre. C’est l’occasion de célébrer le rite de passage lié à la naissance d’un enfant… que ce soit le premier ou le cinquième! Actuellement, c’est plutôt le shower de bébé qui est organisé avant l’accouchement par la famille et les amis. Une pluie de cadeaux déferle alors sur les nouveaux parents. Les aspects physiques, mentaux, énergétiques, émotionnels et spirituels de l’accouchement n’y sont pas célébrés. On se concentre essentiellement sur l’aspect matériel à gérer avec l’arrivée d’un enfant au sein de la famille. Le blessingway, de son côté, mise plutôt sur l’empuissancement de la future mère. Par la démonstration de notre amour, la femme gagne en force, courage et confiance en elle.

Rituels

Voici quelques petits rituels à recréer au sein d’une cérémonie de naissance. Avant de vous mettre à la planification de l’évènement, demandez à la future mère si elle a des envies ou des besoins particuliers. La fête devrait être organisée en fonction de cela. Soyez dans l’ouverture, l’authenticité et la connection. Restez consciente que certaines personnes pourraient ternir l’ambiance du rassemblement ou transmettre leurs craintes et leurs peurs à la femme enceinte. Parfois, il vaut mieux ne pas les inviter. Avec ces quelques rituels, vous pourrez organiser un simple rassemblement festif pour une personne qui vous est chère. Si le DIY ce n’est pas votre truc, engagez une facilitatrice pour créer la cérémonie avec vous et l’animer le jour venu. Vous vivrez alors une expérience puissante, sans le stress d’avoir à tout gérer!

Affirmations positives

Des phrases clé. Des mots d’amour. Des encouragements. Des phrases pour donner du courage à la mère en travail. On les écrit sur des fanions, de jolis cartons ou sur des rubans qu’on suspend à une plante.

Couronne de fleurs

La création collective d’une couronne pour orner la tête de la fêtée met tout le monde en joie. C’est joli et participatif!

Mise en beauté

Bain de pieds. Massage de mains, de tête, de pieds. Coiffure. Maquillage. Habillement festif. Henna. Peinture sur bedaine. Moulage de bedaine. Toutes les mains convergent vers la femme enceinte pour lui donner de l’amour.

Cadeaux significatifs

Petits items de la nature. Cadeaux symboliques qui nous font penser à la mère ou à certains attributs, certaines qualités. Des cadeaux faits à la main. Des items pour placer sur un autel de naissance ou dans une petite pochette de protection.

Festin partagé

Chacune amène un plat à partager. Manger à la fin d’une cérémonie permet une coupure avec l’évènement riche de sens pour revenir doucement dans la réalité ordinaire. Un moment pour partager sur notre vécu, notre ressenti.


DEVENIR FACILITATRICE

Si vous voulez devenir facilitatrice de ce genre de rassemblements et si la sororité réveille la flamme en vous, répondez à l’appel. Les femmes ont besoin d’espaces sécuritaires, de célébrations, de connection! 

Cliquez ici pour plus d’infos sur notre formation Facilitatrice d’espaces sacrés!


Top 13 de lectures transformatrices

MON TOP 13 DE LECTURES TRANSFORMATRICES

On me demande depuis sept ans (ce blogue aura bientôt 7 ans!!!) des suggestions de lecture. Ça m’aura pris du temps monter cette liste bilingue (plusieurs années, haha) mais vous avez ici la sélection des livres qui m’ont le plus marqué au fil du temps. Des livres puissants qui ont su me transformer, me faire réfléchir et m’émouvoir. Ils ne sont pas liés directement à la maternité quoique certains m’ont amenée à vivre une maternité consciente, à ralentir, prendre le temps, apprécier. Certains sont plus pour l’entrepreneure. Un axé sur la sexualité féminine. Plusieurs sur le féminin sacré, la femme sauvage, les archétypes féminins, l’énergie féminine. Bonne découverte!

« Essentialisme » de Greg McKeown

« Comme par magie » de Elizabeth Gilbert

« Mange, prie, aime » de Elizabeth Gilbert

« The Desire Map » de Danielle Laporte

« The Subtle Art of Not Giving a F*ck: A Counterintuitive Approach to Living a Good Life » de Marc Manson

« Chillpreneur » de Denise Duffield-Thomas

« Get rich, Lucky Bitch » de Denise Duffield-Thomas

« Orgasm Unleashed » de Eyal Matsliah

« La femme shakti » de Vicky Noble

« Les 13 mères originelles » de Jamie Sams

« La tente rouge » de Anita Diamant

« Femmes qui courent avec les loups » de Clarissa Pinkola Estès

« Goddesses in Everywoman : Powerful Archetypes in Women’s Lives » de Jean Shinoda Bolen M.D.

 


Qu’est-ce qui se passe sous la tente rouge?

QU’EST-CE QUI SE PASSE SOUS LA TENTE ROUGE?

Vous avez peut-être entendu parler des tentes rouges. Vous avez peut-être participé à une ou deux tentes rouges sans trop savoir dans quoi vous vous embarquiez. Vous avez eu bien du mal à proposer une explication de ce que c’est qu’une tente rouge ensuite… une explication qui rend justice à ce qui se passe sous la tente rouge!

Une tente rouge est un espace intime et chaleureux où les femmes se rassemblent afin de se sentir libres d’être vraies et authentiques. Elles s’y remettent au premier plan tout en faisant partie d’une communauté. C’est un espace de partage, de transmission où la sagesse des femmes plus âgées est honorée. La thématique principale de la tente rouge est le cycle menstruel mais on ne s’y limite pas. On se retrouve sous la tente pour partager entre femmes sur des sujets tels : les premières lunes, les menstruations, la grossesse, l’accouchement, le retour de couches, la ménopause, la sexualité, la vie de couple, le deuil, … On y partage ses expériences, ses défis du quotidien. Parfois des thématiques sont fixées, d’autres fois, chacune est libre de s’ouvrir sur ce qu’elle désire. Toutes sont bienvenues! L’ambiance est feutrée, douce et sécurisante. La rencontre est orchestrée par une ou plusieurs facilitatrices pour permettre des échanges fluides et respectueux. Tout ce qui se dit dans la tente rouge y reste.

L’origine des tentes rouges est difficile à cerner. L’auteur du livre « La tente rouge », Anita Diamant, a fait des recherches historiques concernant les rassemblements de femmes à travers le temps. Bien sûr, les femmes, partout dans le monde, ont toujours trouvé un moyen de se rassembler dans un lieu dédié pour discuter, se célébrer, vibrer la sororité (sisterhood). On peut penser à la « Moon Lodge » des Amérindiens ou aux hammams en Orient. Toutefois, le concept de tente rouge aurait été inventé par l’auteur. Et, maintenant, le concept prend de l’expansion et l’on peut trouver des tentes rouges un peu partout!

La tente rouge nous offre un temps pour ÊTRE simplement, sans jugement, sans attentes.

Vivre l’écoute active de multiples femmes qui résonnent avec nos paroles… c’est une expérience tellement magique. C’est puissant et doux à la fois.

Expérimentez-le… ne serait-ce qu’une seule fois!

……



DEVENIR FACILITATRICE

Si vous voulez devenir facilitatrice de ce genre de rassemblements et si la sororité réveille la flamme en vous, répondez à l’appel. Les femmes ont besoin d’espaces sécuritaires, de célébrations, de connection! 

Cliquez ici pour plus d’infos sur notre formation Facilitatrice d’espaces sacrés!